L’abus sexuel chez les enfants

 

 

La pédophilie soulève une tonne de questions. Nous avons tous beaucoup de difficulté à comprendre comment une personne peut faire autant de mal à être si inoffensif. Sexe-Info tentera de lever le voile sur cette sexualité qui n’a pas sa place.

Les Directeurs de la protection de la jeunesse du Québec définit l’abus sexuel à l’endroit des enfants comme étant « un geste posé par une personne donnant ou recherchant une stimulation sexuelle non appropriée quant à l’âge et au niveau de développement de l’enfant ou de l’adolescent (e), portant ainsi atteinte à son intégrité corporelle ou psychique alors que l’abuseur a un lien de consanguinité avec la victime ou qu’il est en position de responsabilité, d’autorité ou de domination avec elle. » (1991).

Le profil de l’agresseur

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’existe aucun profil type de l’agresseur. Il n’est pas possible de voir qu’une personne a des intérêts sexuels pour des enfants. Cependant, nous sommes en mesure de conclure que 90 % des agressions sont commises par des hommes et que bien souvent, ceux-ci sont connus de la victime. Voici quelques typologies d’abuseurs.

La recherche de pouvoir

Certaines agressions sont plutôt orientées vers la recherche de pouvoir. Se sentant inadaptés dans la vie en général, surtout face aux femmes, ces hommes ont de la difficulté à initier ou à maintenir des contacts intimes et se retournent alors vers les enfants. L’abus apparaît donc comme un test de leur compétence sexuelle et une manière de prouver à eux-mêmes qu’ils n’ont pas une virilité défaillante. En n’utilisant que la force nécessaire pour soumettre la victime, l’agresseur est préoccupé par la réaction de celle-ci puisqu’il a besoin de croire qu’elle a été impressionnée voire séduite par lui. Cette image sera aussi utilisée dans ses fantasmatiques masturbatoires après l’abus.

Animé par la rage

Ce type d’agression est brutal. Le but premier est de blesser, de dégrader et de détruire la victime. Les contacts sexuels ne sont qu’une façon supplémentaire d’humilier et d’abaisser la victime. Ce type d’agression est souvent impulsif et spontané suivant un évènement déclencheur bien précis (dispute avec conjointe, famille, perte d’emploi, etc.). Ce type d’agresseur mentionne souvent ne pas avoir été excité sexuellement mais plutôt envahit par une colère sans borne.

L’abuseur sadique

L’abus sadique est hautement ritualisé. Les mauvais traitements (coups, brûlures, lacérations) commis à la victime sont érotisés. Dans ce cas-ci, les victimes sont souvent inconnues des agresseurs mais répondent à des caractéristiques bien précises qui correspondent au rituel recherché par l’abuseur (âge, apparence, habillement, etc.). Les agressions sont soigneusement planifiées et des objets tels que des menottes, des cordes ou des instruments de tortures sont souvent retrouvés sur place. Ces rituels donnent lieu à des actes inhabituels comme donner des lavements à la victime, la suspendre, l’habiller d’une façon bien précise, etc.

L’antisocial

Aussi appelé le sociopathe, l’abuseur antisocial vit en marge de la société et l’impulsivité est la caractéristique centrale de son mode de vie. Il voit les enfants comme étant un objet pour assouvir ses besoins. Souvent, il vole la victime ou il commet l’agression sexuelle pendant un autre délit, un cambriolage par exemple.

Les facteurs de risque

Un facteur de risque est en fait un contexte qui peut augmenter les probabilités qu’une personne abuse sexuellement d’un enfant. Les différentes études sur le sujet en ont recensés plusieurs mais nous ne nous attarderont ici qu’aux principaux.

Le sexe de la victime

Les filles représentent de 75 % à 80 % des abus sexuels mais plusieurs chercheurs estiment que les agressions sexuelles chez les garçons sont sous-rapportées.

L’âge de la victime

Le groupe le plus à risque sont les enfants âgés entre sept et treize ans. Cependant, nous devons souligner que les abus chez les enfants de moins de sept ans sont sous-estimés puisque ces derniers sont plus intimidés face à la dénonciation.

Le lien avec l’abuseur

Dans plus de 70 % des cas, les victimes connaissent leur agresseur. Il semblerait que les filles sont plus souvent agressées par un membre de leur famille (beau-père, oncle, etc.).

L’environnement familial

Selon le sociologue Finkhelor, l’environnement familial est le facteur de risque le plus souvent associé à l’abus. Il mentionne qu’une faible compétence parentale, une faible disponibilité des parents, des abus de substances ou des problèmes de santé mentale peuvent augmenter les risques d’agression. La vulnérabilité des enfants augmente donc si la quantité et la qualité de la supervision parentale est réduite et ils se retrouvent plus fragiles aux méthodes de manipulation et de séduction des agresseurs.

Les conséquences de l’abus sur l’enfant

Un enfant victime d’abus sexuel n’est pas sans conséquence. Par contre, chacun peut démontrer une réaction différente et l’intensité de sa perturbation varie d’un enfant à l’autre. Voici quelques-unes des conséquences observées.

L’état de stress post-traumatique

Bien que chaque enfant abusé sexuellement ne présente pas le même type de réaction, l’état de stress post traumatique demeure la conséquence la plus généralisée. Selon le DSM-IV l’outil de classification des troubles mentaux, le stress post traumatique se traduit par le fait que l’évènement est revécu répétitivement par l’entremise de pensées et de cauchemars. L’enfant évitera les endroits, les conversations ainsi que les activités reliés à l’abus et il aura une perte d’intérêt accru et sentiment détachement par rapport aux autres.

Les distorsions cognitives

Malheureusement, les enfants victimes d’abus sexuel ont tendance à mettre le blâme sur eux-mêmes. Ils développent alors une faible estime de soi, une incapacité de se fier aux autres et auront une impression d’impuissance. Les distorsions cognitives accentueront si les agressions persistent ou si les adultes qui les entourent ne les aident pas à modifier leurs croyances.

Les comportements sexuels inappropriés

Les comportements sexuels inappropriés font partis des conséquences les plus souvent observés chez les enfants victimes d’agression sexuelle. Ces gestes se traduisent surtout par l’introduction d’objets dans leur anus ou leur vagin, la masturbation excessive ou en public ainsi que des comportements sexualisés avec des jouets.

La détresse émotive

La dépression, l’anxiété et la colère sont des exemples de douleurs émotives rapportées chez les enfants abusés. De plus, l’irritabilité chronique, et les colères spontanées et incontrôlables peuvent aussi apparaître chez ces enfants.

Les difficultés interpersonnelles

Les chercheurs s’entendent spécialement sur le fait que l’abus sexuel provoque des relations interpersonnelles très difficiles. La méfiance, la peur des personnes en autorité, la colère ainsi que l’anxiété d’abandon rendent pénible le développement de relations interpersonnelles.

En conclusion, il est extrêmement important de prendre au sérieux toute forme d’abus sexuel. Longtemps considéré comme un sujet tabou, l’agression sexuelle est de plus en plus dénoncée et l’application des mesures judiciaires strictes, la mise en place des ressources communautaires et les différentes recherches sur le sujet aideront à diminuer de façon considérable l’incidence d’abus sexuel chez les enfants.

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