La petite histoire de l’orgasme

 

 

Certains l’appellent poétiquement la « Petite mort », d’autres se plaisent à l’utiliser comme antidépresseur pour contrer les angoisses et le stress de la vie quotidienne. L’orgasme reste encore aujourd’hui un phénomène enigmatique. Comment réussir à décrire une sensation aussi intense ? Voyons de plus près de quoi il s’agit.

Qu’est-ce que l’orgasme ?

L’orgasme est en fait le point culmunant de l’excitation sexuelle. Chez l’homme, il se traduit par des contractions rythmiques des muscles pelviens et de la prostate qui aide à l’expulsion du sperme par le méat urétral. Lorsque ce processus est enclenché, c’est le point non-retour. L’homme a alors la sensation qu’il ne pourra plus se retenir bien longtemps. Chez la femme, lorsque l’orgasme approche, son clitoris devient de plus en plus en érection, ses petites lèvres deviennent rouges et glonflées et le volume de son vagin dimunue d’environ 30 % dû à un engorgement de sang dans cette région. Au moment de l’orgasme, une série de contractions musculaires se font sentir dans l’utérus, les muscles du bassin et le vagin.

Ceci étant dit, l’orgasme va bien au-delà des manifestations physiques. En effet, ceux et celles ayant déjà expérimenté l’orgasme vous diront sans doute que cette sensation est d’une intensité incomparable ! Il se définit comme une sorte d’état de bien-être et d’euphorie difficilement explicable. D’ailleurs, on devrait cette plénitude à notre cerveau et les hormones qu’il s’en dégage. Lors de la relation sexuelle, l’hypophyse, une petite glande cérébrale, serait responsable de la sécrétion d’endorphine, une hormone 100 % naturelle se rapprochant étrangement à la morphine. De plus, notre cerveau nous ferait cadeau de l’hormone antidépressive DHEA (ou déhydroépiandréostérone), dont sa sécrétion serait mulitpliée par 5 au moment de l’orgasme !

Probablement que la majorité d’entre vous s’est déjà interrogé sur les sensations du partenaire lorsque venait le temps de son orgasme. Est-ce meilleur que moi ? Moins bon ? Centré sur les organes génitaux ? Diffus dans tout le corps ? Difficile de vraiment savoir puisque les mots nous manquent quand vient le temps d’en effectuer la description.

Orgasme vaginal vs. orgasme clitoridien

Le fameux duel qui nourri les préoccupations sexuelles des femmes ! Alors, les femmes, soyons sincères. Pas toujours évident d’avoir un orgasme que par la pénétration vaginale. C’est comme demander à un homme d’orgasmer simplement en caressant ses testicules ! On n’y penserait même pas . Des études ont révélées que seulement 25 % des femmes étaient capables d’atteindre l’orgasme par pénétration. Pour les autres, il doit y avoir une certaine stimulation clitoridienne afin d’accentuer le plaisir.

Plusieurs femmes se sentent coupables de ne pas être en mesure d’orgasmer pendant la relation sexuelle mais elles assurent qu’elles y arrivent par la masturbation. L’impression d’être « obligée » d’avoir un orgasme vaginal viendrait du psychanalyste bien connu, Sigmund Freud. Au début du siècle, il affirmait que l’orgasme procuré par stimulation du clitoris était un orgasme à caractère masculin. Selon lui, le clitoris était le féminin du pénis. Or, celles qui n’arrivaient pas à l’atteindre par voie vaginale étaient immatures et devaient absolument le transférer dans le vagin pour ainsi devenir une adulte. Cette fausse croyance est malheureusement ancrée chez plusieurs femmes. Le clitoris est l’organe principal du plaisir, aussi bien l’utiliser !

Plus difficile pour la femme d’atteindre l’orgasme?

Oui et non . En réalité, il semblerait que l’homme ait plus de faciliter à atteidre l’orgasme dû au fait que ses organes génitaux sont plus accessibles. Par contre, comme il faut un certain lâcher-prise personnel ainsi qu’un bon état psychologique pour y avoir droit, l’orgasme peut être difficile à atteindre autant chez l’homme que chez la femme si le stress, la fatigue et les préoccupations sont de la partie. Comme il a été mentionné plus tôt, le clitoris doit absolument faire parti de la relation amoureuse et malheureusement trop d’hommes oublient qu’il existe ou ne savent pas vraiment comment le caresser. C’est alors que la communication pendant les jeux sexuels est essentielle. Mes dames, montrez à votre homme ce qui vous rend directement au septième ciel. Vous pouvez lui montrer le chemin a dirigeant vous-même ses doigts ou simplement en vous caressant devant lui. Vous allez voir que cette technique accentue le plaisir et vous allez remarquer un agréable changement au cours des prochaines relation sexuelle.

Orgasme vs. jouissance

Il faut tout d’abord démystifier le concept de la jouissance. Chez la femme, la jouissance se traduit par la lubrification des parois vaginales et chez l’homme, par le gonflement du pénis. Chez les deux sexes, elle se concrétise par l’augmentation de la tension artérielle, du rythme cardique et de la respiration. La jouissance désigne simplement le plaisir et la satisfaction sexuelle non orgasmique. L’orgasme, tant qu’à lui, ne dure qu’environ une trentaine de secondes. Nous pouvons donc jouir sans avoir d’orgasme, tout comme il est possible d’atteindre l’orgasme sans avoir joui.

Le Point Gräfenberg

Vous savez quoi ? Aucune étude n’a réellement prouvé l’existance de ce fameux Point G. En 1950, le gynécologue Ernest Gräfenberg aurait fait la découverte d’une zone bien précise d’excitation sexuelle qui se situerait derrière l’os pubien de la femme. De la grosseur d’un dix sous, sa stimulation déclencherait un orgasme très puissant et même une éjaculation. La meilleure façon de vérifier s’il existe vraiment, c’est d’aller vérifier par soi-même. Pour celles qui aimeraient bien faire sa découverte, il faut savoir que la recherche peut prendre quelques temps. Comme il semblerait que le Point G double de volume lors de l’orgasme, vous pouvez le stimuler tout de suite après avoir orgasmer pour mieux le sentir au bout de vos doigts. Il est important d’exercer une bonne pression car les caresses douces et un peu nonchalantes sont insuffisantes. étant donné que le Point G passe devant l’urètre, il est possible qu’en le stimulant, vous ayez la sensation d’avoir envie d’uriner. C’est à ce moment que vous saurez que vous êtes au bon endroit. L’important est de ne pas en faire son but ultime pour avoir une sexualité épanouie. Chaque femme est différente et chacune d’entre elle a des zones érogènes et de stimulations sexuelles qui diffèrent.

La capacité multiorgasmique

Une personne multiorgasmique est une personne qui peut éprouver plusieurs orgasmes de suite pendant la même relation sexuelle et ce, à peu de temps d’intervalle les uns des autres. Cette capacité multiorgasmique est beaucoup plus courante chez la femmes que chez l’homme puisque ce dernier a une période réfractaire plus longue. En effet, après avoir orgasmer, l’homme ressent son désir sexuel diminuer et perd graduellement son érection, ce qui l’empêche d’éprouver un autre orgasme. Cette période peut aller de quelques minutes à quelques heures, dépendant de l’état physique, psychologique et l’âge de l’individu. La femme, quant à elle, peut continuer une stimulation sexuelle même après l’orgasme et en ressentir d’autres dans les secondes qui suivent. Par contre, il est important de mentionner que ce n’est pas toutes les femmes qui se sentent capables de vivre plusieurs orgasmes dans une même relation sexuelle. Il ne faut surtout pas croire que nous devons absolument y arriver pour avoir une sexualité saine et épanouie.

Quand l’orgasme n’est pas au rendez-vous

Lorsque la femme est incapable d’atteindre l’orgasme, on dit qu’elle est anorgasmique. L’anorgasmie peut être primaire, si la femme n’a jamais éprouver d’orgasme, ou secondaire, si ce problème s’est développé après qu’elle ait déjà eu la capacité d’en avoir. Cette dysfonction sexuelle est la plus fréquente chez la femme. Elle peut éprouver énormément de plaisir durant la relation sexuelle, sans jamais connaître l’orgasme. Cette dysfonction peut avoir plusieurs cause mais la majorité d’entre elles se situent au niveau psychologique. Comme il a été mentionné plus tôt, il faut une certaine capacité de lâcher-prise personnelle et un bon état psychologique pour éprouver un orgasme. En effet, la fatigue, les préoccupations, le stress, les difficultés avec le partenaire, la perception qu’on a de soi, notre vision de la sexualité, etc. peuvent avoir une grande influence sur notre capacité orgasmique. La meilleure façon de régler ce trouble est de visualiser comment on se sent lors des relation sexuelle. Est-ce qu’il y a un sentiment de détachement, de bien-être, d’angoisse, de malaise, de sensation d’être obligée d’avoir un orgasme à tout prix, etc. Pour vous aider dans votre cheminement, un sexologue peut vous guider personnellement vers différentes pistes de réflexion et ainsi vous aider à surmonter ce problème.

Le mythe de l’orgasme simultané

Lorsqu’on se fixe un but dans la sexualité, il est fort possible qu’on passe à côté du plaisir qu’il s’en dégage. En effet, le fait de croire qu’il est essentiel d’avoir un orgasme en même temps que son partenaire diminue considérablement les chances d’en avoir tout simplement un. Lorsque le mental mène, il freine le corps au plaisir. L’important dans une relation sexuelle est que les deux partenaires récoltent du plaisir, et ce, peu importe si l’orgasme survient en même temps ou non.

En résumé, il faut comprendre que l’orgasme n’est pas le but ultime d’une sexualité satisfaisante et ne doit pas occuper la place centrale d’une relation. Nous avons souvent l’impression que la relation sexuelle est terminée lorsque l’homme a éjaculé et que la femme devra attendre à la prochaine fois pour rassasier son excitation. Encore une fois, nous devons accorder une importance particulière à la communication et ainsi développer une complicité sexuelle qui ne fera qu’accentuer le plaisir et l’excitation d’une relation à l’autre.

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