La maternité à travers le temps

 

 

Le rôle de la maman en a fait du chemin depuis le début des temps ! La maternité n’a pas toujours été aussi simple et heureusement, bien des choses ont changé depuis.

Moyen-Âge – La volonté Divine

À cette époque, la femme féconde donnait naissance à tous les 20 à 30 mois, selon la durée de l’allaitement. Lorsqu’une fausse-couche survenait, on disait que la volonté divine en avait décidé ainsi et on se consolait en mentionnant que l’être perdu n’était pas encore un enfant s’il n’avait pas encore bougé.

Lors de l’accouchement, la douleur que subissait la nouvelle maman était perçue comme naturelle et représentait le châtiment infligé à Ève. De cette façon, la douleur contribuait au rachat des pêchés. Lorsque l’accouchement était terminé, l’entourage de la jeune mère préparait une fête pour la féliciter, la cajoler et lui apporter des cadeaux. La maternité était d’ailleurs le fondement social de l’identité féminine.

Au Moyen-Âge, le taux de mortalité maternelle et infantile était quand même assez élevé et on l’associait entre autres à l’ignorance des sages-femmes, aux femmes trop souvent mal nourries et surchargées de travail. Ces conditions de vie faisaient aussi en sorte que la maman ne pouvait pas toujours se consacrer à son nouveau-né. Elle était épuisée et son lait s’appauvrissait. Elle faisait donc appel à une nourrice afin que son bébé puisse s’alimenter convenablement. Les papas n’avaient malheureusement pas encore une place de choix dans la petite famille.

Les temps modernes – La femme « faible »

Le rôle de la maman devient de plus en plus valorisé. Le regard médical de l’époque déduit que la femme est le premier abri de tout être humain et est digne d’une attention particulière. L’amour maternel devient une valeur fondamentale au sein de la société.

Au milieu du XVIIe siècle, le médecin britannique William Harvey mentionne pour la première fois que la femme fait aussi partie de la conception puisqu’elle produit des « oufs » dans lesquels se développe l’embryon. Ce n’est qu’en 1798 que le terme « ovule » apparaîtra. Par ailleurs, le Dr. Pierre Roussel publie en 1775 un ouvrage qui fait état d’une étude qu’il avait réalisée sur l’anatomie de la femme. La conclusion est claire : la femme est faible et tous les faits étudiés prouvent que son unique rôle dans la société est d’avoir des enfants et de les nourrir. Ses os sont plus petits et moins durs que ceux de l’homme, la peau est fragile, la cage thoracique est plus petite, les muscles sont mous et le cerveau petit. Et voilà, le stéréotype de la femme faible était né!

Côté psychologique, les médecins affirmaient que la femme faisait preuve de plus de sensibilité donc en ayant plus de tendresse, de pitié, de compassion et de bienfaisance, elle avait toutes les qualités requises pour veiller au bien-être des enfants. Ce que l’homme ne semblait pas avoir à l’époque .

L’époque contemporaine – La maman à la maison

En 1816, le Dr. Marc mentionne que « les femmes enceintes doivent devenir l’objet d’une bienveillance active, d’un respect religieux, d’une sorte de culte ». C’est ainsi que les femmes enceintes commençaient à être exemptées de travaux lourds même que plusieurs se voyaient forcées d’un repos complet.

À cette époque, le taux de mortalité maternelle allait en augmentant puisque la tuberculose  faisait rage.     En même temps, la mortalité infantile alors perçue comme « le choix de Dieu », s’avérait une grave conséquence pour la société. Les économistes affirmaient que la richesse d’une nation reposait sur le nombre et la qualité de ses habitants. La pression était alors à son comble pour les futures mamans.

Par ailleurs, on commençait peu à peu à prôner les bienfaits de l’allaitement. Non pas pour des raisons médicales mais pour le lien affectif qu’il engendrait. Plusieurs poètes idéalisaient l’amour maternel et enfanter devenait alors pour la femme une manière d’affirmer son importance.

C’était aussi l’époque de la révolution industrielle. Les syndicats résistaient à l’embauche des femmes dans les usines car ils soutenaient que les rôles de la femme étaient l’aménagement du foyer et les tâches domestiques. Les femmes se devaient donc d’être mères à la maison car l’ouvrière faisait honte à la famille.

De nos jours –  Les femmes prennent le contrôle

On ne peut passer sous silence la hausse du taux de natalité de l’après deuxième guerre mondiale. Les maris étant partis au combat depuis longtemps, à leur retour on imagine un peu la suite . résultat : le fameux babyboom.

En 1950, l’arrivée de la pilule contraceptive modifie grandement le pouvoir de la femme sur la maternité. Elles choisissent elles-mêmes le bon moment pour avoir des enfants et peu à peu, les grandes familles se font de plus en plus rares. On mise sur la qualité de l’éducation plutôt que sur la quantité d’enfants. De plus, les femmes s’instruisent et veulent prendre place sur le marché du travail. Cette réalité pousse les familles à diminuer le nombre de rejetons et la nourricière devient désormais la gardienne.

Depuis les années ’70, les femmes retardent leur maternité. Plusieurs misent sur la carrière avant de fonder une famille et si elles deviennent enceintes contre leur volonté, elles ont accès à l’avortement.

De nos jours, la technologie est très présente. On peut maintenant avoir recours à la fécondation in vitro pour les gens stériles et il est possible de voir notre bébé bien avant la naissance grâce à l’échographie. On parle même que très bientôt nous serons en mesure de choisir le sexe et la couleur des yeux de notre futur poupon. Effectivement, les temps ont bien changés !

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